Research Articles Issue 1 · 2026 · pp. 1–12 · Article 7.2026 · Issue page

La gestion des conduites dépressives chez les adolescentes victimes du traumatisme lié au harcèlement sexuel en milieu scolaire

PI
JO
1 Psychologue clinicien, doctorant à l’Université de Yaoundé 1
2 Psychologue clinicien et enseignant à l’Université de Yaoundé 1
Corresponding author: [email protected]
Article Number 7.2026
Received 22 October 2025
Revised 5 December 2025
Accepted 15 February 2026
Available Online 05 February 2026
This article focuses on the management of depressive behaviors in adolescent girls who are victims of trauma related to sexual harassment in schools. Sexual harassment disrupts the psychological dynamics of the subject and predisposes them to decompensation. In schools, young girls who are exposed to this traumatic reality try, as much as possible, to find necessary strategies to reduce the emotional burden induced by the cruel act they suffer. After using interviews and tests with four adolescent girls who met the inclusion criteria in this work, we collected the data and analyzed them using the thematic content analysis technique. The results we obtained show that if young girls have a poor understanding of the context of rape, they can certainly express discouragement and guilt, a feeling of failure and dissatisfaction, but are not limited to this level. They make efforts to confront the problem, manage the emotional experience, and can even, on occasion, rely on a family framework which allows them to find a better life.
Adolescent Girl Sexual Harassment Depressive Behavior Sexual Trauma School Environment

1. INTRODUCTION

La santé mentale des adolescentes en milieu scolaire constitue aujourd’hui un enjeu majeur de recherche et d’intervention, en raison de l’augmentation des troubles psychologiques associés aux expériences traumatiques. Parmi celles-ci, le traumatisme sexuel occupe une place particulièrement préoccupante, tant par sa fréquence que par la gravité de ses répercussions sur le développement émotionnel, identitaire, social et scolaire des jeunes filles [1], [2]. Les adolescentes exposées à des violences sexuelles présentent un risque élevé de développer des conduites dépressives, lesquelles se manifestent notamment par une tristesse persistante, un désinvestissement scolaire, une diminution des performances académiques, un retrait relationnel et, dans certains cas, des idées suicidaires [3], [4].

L’école occupe une place centrale dans la vie de l’adolescente. En tant qu’espace de socialisation, d’apprentissage et de construction identitaire, elle peut constituer à la fois un facteur de protection et un contexte de vulnérabilité. Si elle favorise le développement des compétences cognitives et sociales, elle peut également devenir le lieu de reproduction de rapports de domination et de diverses formes de violence, dont le harcèlement sexuel [5], [6]. Ce paradoxe confère au milieu scolaire une responsabilité particulière dans la prévention, le repérage et la prise en charge des souffrances psychiques liées aux traumatismes. La gestion de ces difficultés suppose une articulation entre des approches cliniques centrées sur le traumatisme et des actions éducatives et institutionnelles visant à soutenir la résilience et la reconstruction identitaire des adolescentes concernées [7], [8].

Les conduites dépressives observées chez les adolescentes victimes de traumatismes sexuels ne peuvent toutefois être appréhendées indépendamment des contextes socioculturels dans lesquels elles s’inscrivent. Les normes de genre, le silence entourant la sexualité, la banalisation des violences et la stigmatisation persistante des victimes contribuent à renforcer leur isolement et à intensifier leur souffrance psychique [9]. Dans cette perspective, la prise en charge du traumatisme sexuel dépasse le cadre strictement clinique et engage une réflexion plus large sur les politiques de santé scolaire, les pratiques pédagogiques et la capacité de l’institution scolaire à se constituer en espace protecteur et inclusif [10], [11].

Dans un contexte social marqué par la persistance de comportements de violence à caractère sexuel, il apparaît difficile d’ignorer le rôle du harcèlement sexuel dans l’émergence de formes de violence plus graves. Celui-ci s’inscrit dans un continuum de violence, allant des propos sexistes et des comportements à connotation sexuelle aux agressions sexuelles plus sévères. Si les recherches sur le harcèlement sexuel sont largement développées en milieu professionnel, les études demeurent encore insuffisantes en milieu scolaire, ce qui rend nécessaire une analyse spécifique de ce phénomène afin d’éviter toute généralisation abusive des résultats d’un contexte à un autre.

Au Cameroun, le harcèlement sexuel en milieu scolaire constitue une réalité largement reconnue, bien que souvent banalisée ou passée sous silence. Selon Pondi [12], le harcèlement sexuel des étudiantes est une évidence pour toute personne familière du milieu universitaire. Dans ce contexte, la réussite académique des filles est parfois suspectée d’être liée à des faveurs sexuelles, au point que certaines adolescentes hésitent à reconnaître leurs performances scolaires ou intériorisent un sentiment de honte. D’autres interrompent leur parcours académique par crainte de représailles de la part d’enseignants ou d’acteurs scolaires investis d’une position d’autorité.

Bien que le milieu scolaire soit théoriquement encadré par des règles, des normes de conduite et des objectifs éducatifs précis, certaines adolescentes voient leur parcours entravé par des comportements de harcèlement sexuel perpétrés au sein même de cette institution. Elles se retrouvent alors confrontées à une double contrainte: répondre aux exigences scolaires tout en subissant une pression psychologique liée aux sollicitations sexuelles. Cette situation les oblige à mobiliser des stratégies d’adaptation afin de tenter de préserver leur équilibre psychique et d’atteindre leurs objectifs scolaires, souvent au prix d’un investissement émotionnel considérable.

Ces expériences prennent une résonance particulière à l’adolescence, période de transition marquée par des transformations corporelles, émotionnelles et identitaires. Située entre l’enfance et l’âge adulte, l’adolescente se trouve dans un entre-deux développemental qui la rend particulièrement vulnérable aux atteintes narcissiques et aux violences sexuelles [13]. Le harcèlement sexuel, qu’il se manifeste sous la forme de comportements sexuels contrariants, contraignants ou agressifs, porte atteinte à l’intimité du sujet et fragilise son sentiment de sécurité, sa dignité et son estime de soi. Cette atteinte constitue une blessure narcissique profonde qui affecte le moi et entrave les processus d’élaboration psychique.

Les travaux de Mbouemboue et Onana [14], montrent que le harcèlement sexuel constitue une forme de discrimination fondée sur le sexe, susceptible de compromettre le développement scolaire et personnel des adolescentes. Lorsqu’elles ne parviennent pas à élaborer mentalement l’expérience traumatique, les victimes peuvent développer des conduites dépressives durables. Celles-ci se traduisent par une tristesse envahissante, une passivité, un désengagement scolaire, des troubles du sommeil et de la concentration, une perte d’intérêt pour les activités habituelles et un isolement social progressif. Dans certains cas, l’adolescente peut être présente physiquement en classe tout en étant absente psychiquement, incapable de mobiliser ses ressources cognitives et émotionnelles.

L’étude de ces conduites dépressives ne peut se limiter à une approche exclusivement clinique. Elle requiert une prise en compte des facteurs institutionnels, pédagogiques et socioculturels qui influencent les modalités de gestion du traumatisme. La culture du silence autour de la sexualité, les rapports de pouvoir au sein de l’institution scolaire et la stigmatisation des victimes contribuent à entraver les processus de résilience et à maintenir la souffrance psychique. Dès lors, la gestion du traumatisme sexuel implique une articulation entre les dispositifs cliniques, les pratiques éducatives et les politiques de santé scolaire.

Dans cette perspective, étudier la gestion des conduites dépressives chez les adolescentes victimes de traumatismes sexuels en milieu scolaire revient à interroger conjointement les mécanismes psychiques à l’œuvre, les stratégies individuelles de coping et les ressources offertes par l’environnement éducatif.

Le présent article se propose ainsi d’analyser la gestion de l’expérience traumatique chez les adolescentes victimes de harcèlement sexuel en milieu scolaire au Cameroun. Plus précisément, il vise à explorer les processus d’élaboration mentale mobilisés par ces adolescentes lorsqu’elles sont confrontées à des comportements sexuels contrariants, contraignants et agressifs, ainsi que leurs effets sur l’émergence et le maintien des conduites dépressives.

2. METHODOLOGIE

Cette recherche s’inscrit dans un paradigme compréhensif qui étudie le sens et non pas la relation causale. Il s’agit de comprendre comment les adolescentes victimes du traumatisme lié au harcèlement sexuel en milieu scolaire parviennent à gérer des conduites dépressives. Les participantes ont été recrutées par échantillonnage de convenance auprès des élèves du Lycée Bilingue de Mbang, ayant subi le harcèlement sexuel. De manière claire Pour faire partie de l’étude il fallait : Être une élève ayant subi un harcèlement sexuel ; être inscrite au lycée bilingue de Mbang ; être âgée entre 12 et 22 ans et être adolescente ayant répondu aux critères du traumatisme dont l’évaluation du stress post traumatique, sélectionnés dans l’étude, a été posé grâce à l’IES-R (Impact of Events Scale- Revised). Voilà les critères d’inclusion qui ont permis le choix des cas. Nous avons utilisé l’inventaire abrégé de dépression de Beck pour mesurer le degré de dépression des participantes et un guide d’entretien pour collecter nos informations auprès de nos quatre participantes.

Pour réaliser cette étude, nous avons procédé à l’analyse au cas par cas correspondant au modèle freudien, lequel repose sur l’élaboration d’un cadre de référence auquel on confronte le contenu au texte. Ce cadre peut être établi à priori et se fonder sur des problèmes généraux indépendants du corpus particulier ou au contraire, être progressivement construit en cours de lecture d’analyse. Les entretiens et observations se sont déroulés dans les différents cadres cliniques. Ils s’articulent autour de quelques thèmes principaux: comportements sexuels contrariants, comportements sexuels contraignants, comportements sexuels agressants.

Pour générer les thèmes de cette recherche, nous avons procédé par une enquête préalable
ou préenquête relative aux facteurs susceptibles de conduire les adolescentes victimes du traumatisme sexuel à la dépression à l’aide d’un questionnaire. Ces facteurs émanent de la théorie de l’impuissance apprise de Seligman. Nous avons recensé 10 facteurs au rang desquels : l’expérience traumatique, les comportements sexuels contrariants, les comportements sexuels contraignants, les comportements sexuels agressants, les frôlements des parties intimes, la fréquence du harcèlent sexuel, la faiblesse cognitive de la harcelée sexuel, l’âge de la harcelé sexuel, les regards envieux, l’évocation permanente du sexe. Tous les facteurs ayant obtenu un pourcentage supérieur ou égal à 60% constituaient les thèmes retenus pour cette recherche etles facteurs ayant moins de 60% ont étaient rejetés. Voilà le processus qui a donc conduit au choix de nos trois thèmes mentionnés plus haut.

Des dispositions ont été prises avec les participants afin d'assurer leur anonymat. Les protocoles et résultats d'évaluation ont été appariés à un numéro d'identification. Une clause de bris de confidentialité a été expliquée aux participants. Advenant le cas où l'évaluateur reçoit des informations pouvant faire référence à un danger imminent pour le participant ou un membre de son entourage, elle devra briser la mesure de confidentialité. Avant la tenue des entrevues d'évaluation, les participantes ont signé un formulaire de consentement expliquant les modalités relatives à leur implication dans la présente recherche. Au même moment, les modalités de confidentialité ont été expliquées.

3. RESULTATS

3.1. Présentation des cas

Cas A : Aurora : Aurora est une adolescente âgée de 17 ans, scolarisée au lycée bilingue de Mbang en classe de 2nde A4 ; Elle réside à Boumdel et est l’aînée d’une fratrie de 5 enfants, d’une famille de type monoparental, dans laquelle elle vit sous l’autorité de sa mère. Elle ne présente aucun handicap mental.

Cas B : Graciella : Le prochain cas de l’étude se nomme Graciella, une fille âgée de 20 ans qui fréquente le lycée bilingue de Mbang. Elle est présentement en classe de 1ere A4, elle est deuxième d’une famille monoparentale de six enfants sous la responsabilité et l’encadrement unique de leur mère.

Cas C : Audrey : Audrey une fille de 16ans troisième enfant de sa famille, elle est inscrite en classe de 3eme du lycée bilingue de Mbang ; Elle est notre troisième cas d’étude et elle a accepté volontairement d’exposer son vécu du harcèlement sexuel. Ce cas C, est une jeune orpheline de père et de mère, Audrey est ainsi en famille d’accueil, notamment sous la responsabilité de son oncle.

Cas D : Florencia Le cas D, notre dernier de l’étude est une jeune élève âgée de 19 ans, elle est inscrite en classe de 2nd A4 et scolarisée au lycée bilingue de Mbang. Florencia, puisqu’il s’agit d’elle, est deuxième enfant d’une famille de 7 enfants, du type monoparental, sous l’unique tutelle de leur mère. Elle va accepter partager, à contre cœur, comme toute les autres 3 participantes de cette étude, son vécue traumatisant du harcèlement sexuel.

3.2. Résultats issus des tests

Analyse du test (Inventaire Abrégé de Dépression de Beck)

Tableau 2 : présentation des participants à L’Inventaire Abrégé de Dépression de Beck

ModalitésDispersion théorique
des scores
Score
d’Aurora
Score de
Gabriella
Score
d’Audrey
Score de Florencia
Absence de dépression0 à 4    
Dépression légère5 à 7    
Dépression modérée8 à 15    
Dépression grave16 et plus24242627

D’un point de vue quantitatif, les participantes Aurora et Gabriela s’en sortent avec un score total de 24 chacune. Et au niveau qualitatif, les sujets ont un score élevé sur les items relatifs à la tristesse, le découragement et la culpabilité. Nous constaterons donc qu’Aurora et Gabriella souffrent de dépression grave.

Audrey quant à elle a obtenu un score total de 26 du point de vue quantitatif ce qui détermine qu’Audrey est gravement dépressive. Et elle a aussi eu des scores élevés sur les items liés à la tristesse, le découragement et la culpabilité, le sentiment d’échec et l’insatisfaction.

Enfin Florencia du point de vue quantitatif, a obtenu un score total de 27 et c’est sans doute le plus grand score de toutes nos participantes. Ceci détermine que Florencia est gravement dépressive. Et elle a aussi eu des scores élevés sur les items liés à la tristesse, le découragement et la culpabilité, le sentiment d’échec, l’insatisfaction, de fatigue et de perte d’appétit.

3.3. Résultats issus des entretiens

L’analyse des entretiens met en évidence que les expériences rapportées par les adolescentes s’inscrivent dans un continuum de violences sexuelles, tel que décrit dans la littérature, allant des comportements sexuels contrariants aux comportements sexuels agressants, en passant par des conduites contraignantes. Ces différentes modalités du harcèlement sexuel ne constituent pas des épisodes isolés, mais s’organisent comme un processus progressif de domination et d’emprise, produisant un effet traumatique durable sur le fonctionnement psychique des adolescentes.

Comportements sexuels contrariants

Les comportements sexuels contrariants apparaissent comme la première modalité de violence rapportée. Ils se manifestent par des frôlements, des tapotements de parties sensibles du corps, des caresses imposées, des regards insistants, ainsi que par des propos ou des conversations à caractère intime imposées à l’adolescente. Dans le récit d’Aurora, ces comportements prennent place dans une relation fortement asymétrique, celle qui lie une élève à son enseignant. Les gestes intrusifs décrits, tels que le fait de toucher les fesses ou de caresser le visage, ainsi que les remarques sensibles et les questionnements portant sur l’intimité, constituent une violation répétée de l’espace corporel et psychique de la jeune fille. L’obligation implicite de supporter ces comportements, du fait du statut de l’enseignant et des normes sociales valorisant la soumission et le respect de l’autorité, renforce la dimension traumatique de l’expérience. La répétition et la proximité temporelle de ces conduites désorientent l’adolescente, entravent ses capacités d’élaboration mentale et exposent son appareil psychique à un risque de désorganisation, susceptible d’ouvrir la voie à des structures psychopathologiques de type névrotique, limite ou psychotique.

Chez Graciella, la fréquence et l’intensité des comportements sexuels contrariants apparaissent plus marquées encore. Une particularité de son vécu réside dans l’existence de complices ou de facilitateurs au sein de son environnement immédiat. La participation active de la voisine et de sa fille, parentes proches de l’agresseur, transforme l’expérience de harcèlement en une violence diffuse, inscrite dans le quotidien relationnel de l’adolescente. Ces tiers relaient les désirs de l’agresseur, organisent des rencontres et exposent Graciella à des situations imposées, indépendamment de sa volonté. Cette configuration accentue le sentiment d’impuissance et d’enfermement psychique, dans la mesure où les figures adultes censées protéger participent à la reproduction de la violence. Les comportements non verbaux et verbaux utilisés pour contrarier l’adolescente produisent une atteinte narcissique profonde, qui fragilise son sentiment de sécurité et son rapport à l’autre.

Le harceleur d’Audrey (un membre de l’administration de son lycée) va user des conduites sexuelles contrariantes pour perturber la jeune fille (en classe de 5e), pour la déstabiliser. Il alterne d’abord regards envieux, interpellations régulières et continues. En parallèle, il utilise également le moyen oral pour mettre d’avantage la jeune fille sous pression ou tout simplement mal à l'aise ; l’intention est bien connue, c’est le harcèlement sexuel d’Audrey et le vécu est très douloureux du point de vue de la jeune orpheline de la classe de 5e (au moment des faits). Audrey se voit entraînée et entretenue sur les choses qu’elle n’aime pas ou qu’elle n’aurait pas souhaité tenir en conversation avec son professeur. Alors que lui, il alterne une fois de plus et au grand malheur de l’enfant des conversations sur des questions intimes, des remarques sensibles sur son physique, multiplie des paroles obscènes et grossières… Conduites susceptibles d’entrainer la jeune fille dans une forme plus ou moins sévère de dépression.

Le vécu d’Audrey met en évidence l’usage stratégique des comportements sexuels contrariants par une figure de l’administration scolaire. Les regards insistants, les interpellations répétées et les propos à connotation sexuelle s’inscrivent dans une dynamique de déstabilisation progressive. L’imposition de conversations portant sur des sujets intimes, associés à des remarques sensibles sur le physique et à des paroles obscènes, place l’adolescente dans un état de tension psychique permanent. Cette violence est d’autant plus marquante qu’Audrey se trouve en situation de vulnérabilité sociale, étant orpheline, ce qui limite ses ressources de soutien. L’ensemble de ces conduites constitue un terrain propice à l’émergence de conduites dépressives.

Chez Florencia, bien que l’agresseur soit un camarade de classe, les comportements sexuels contrariants produisent des effets tout aussi délétères. La proximité imposée, les contacts physiques non consentis, les propos dévalorisants et la mise en scène publique de la jeune fille comme étant dévergondée transforment son quotidien scolaire en une expérience angoissante. L’adolescente se trouve plongée dans une confusion psychique, ne parvenant plus à comprendre les intentions de l’agresseur ni à donner sens à ce qu’elle vit. Cette perte de repères participe à l’installation d’un état de détresse psychologique durable.

Comportements sexuels contraignants

Les comportements sexuels contraignants apparaissent comme une étape supplémentaire dans le processus d’emprise. Ils reposent sur des stratégies de manipulation affective et de pression morale, telles que les actes de générosité, les cadeaux, les attentions excessives ou les invitations répétées. Chez Aurora, les faveurs accordées par l’enseignant prennent une valeur contraignante dans le contexte du harcèlement. Le fait de ne pas pouvoir refuser ces gestes, en raison du statut de l’agresseur et des normes sociales, génère un conflit intrapsychique intense. Les actes de générosité deviennent alors des charges psychiques supplémentaires, renforçant le sentiment d’obligation et de culpabilité.

Chez Graciella, les présents et les rapprochements imposés par l’agresseur principal, déjà identifié comme harceleur, constituent autant de pièges relationnels. L’adolescente se retrouve enfermée dans une relation imposée, où chaque cadeau ou geste de rapprochement renforce l’emprise et réduit les possibilités de rupture. Ces conduites contraignantes participent activement à la construction d’un vécu traumatique et à l’émergence de symptômes dépressifs.

Le vécu d’Audrey et de Florencia montre que les comportements contraignants s’accompagnent d’une dégradation progressive du fonctionnement scolaire et émotionnel. Les initiatives répétées visant à caresser, embrasser, acculer ou intimider l’adolescente, parfois accompagnées de menaces, entraînent une fatigue psychique intense, une baisse des performances académiques et une perte d’intérêt pour les activités scolaires. Chez Florencia, ces conduites contribuent à l’installation d’une dépression sévère, confirmant le rôle déterminant des comportements sexuels contraignants dans la genèse des troubles dépressifs.

Tout compte fait, le vécu de Florencia n’est pas des plus paisibles, d’avantage avec les comportements sexuels contraignants que son agresseur lui impose ; Elle sombre dans la dépression sévère, fort de ces conduites contraignantes. Pour elle Florencia, les comportements sexuels contraignants déterminent effectivement les conduites dépressives chez l’adolescente victime du harcèlement sexuel en milieu scolaire.

Comportement sexuels agressants

Face à ce déferlement de violence, l’adolescente est introduite et maintenue dans une souffrance psychologique chronique (sinon pendant les jours de son vécu). Par exemple, Aurora est innocemment et abusivement traitée de méchante, de mauvaise, d’idiote…, elle doit supporter et porter ces injures du professeur qui perd patience qui se donne pour mission (objectif) intermédiaire d’intimider la jeune fille. Le niveau de violence additionnelle est élevé. Non seulement le harcèlement sexuel est une violence en elle-même, les injures également en sont d’avantage fortement agressives, et par la suite, les menaces (de fétichisme entre autres) à répétition peuvent faire lâcher le cerveau de toute personne et celui d’une jeune fille en particulier. Les comportements sexuels agressants constituent la forme la plus extrême du continuum de violence observé. Ils associent injures, intimidations, menaces, violences physiques, tentatives de viol et, dans certains cas, viols. Chez Aurora, les propos dévalorisants et les menaces répétées s’ajoutent au harcèlement sexuel, renforçant l’atteinte narcissique et installant une souffrance psychologique chronique. Cette accumulation de violences verbales, symboliques et sexuelles vise à briser les résistances psychiques de l’adolescente.

Cette autre adolescente a subi les comportements sexuels agressants à hauteur de tout son vécu du harcèlement sexuel. Ce groupe de sévices est une conjugaison alternant : violence, agression intimidation, menace, tentative de viol voire même viol… L’adolescente a déjà du mal à vivre le harcèlement sexuel, voici qu’elle doit aussi croupir sous toutes ces pratiques d’affront et d’hostilité que lui impose le neveu de sa voisine du quartier (Mère d’un enfant de son âge). Elle déclare que ses agressions portent sur l’intimidation par des propos blessants son intimité. D’abord ces fortes pressions que la tante exerce sur la petite fille, ensuite lui-même le neveu de la voisine, il se rend si intimidant et menaçant au point que la jeune adolescente pense par moment à crier pour alerter le voisinage ou pour demander le secours extérieur. Et à force des répétitions des scènes de violence (qui se veulent toujours plus intenses), la jeune Graciella non seulement perd les forces mais pire encore elle finit par en être traumatisée. Ceci jusqu’au point où elle n’arrive pas vraiment à en parler à ses proches parents. Dans son récit, elle dit d’elle-même s’être décidée et résolue avant d’y arriver finalement à en parler à sa mère, et elle ajoute que malgré cela, la douleur de son traumatisme est restée en elle.

Le vécu de Graciella illustre l’effet cumulatif et désorganisateur de la violence agressante. Les pressions exercées par la tante, combinées aux menaces et intimidations de l’agresseur, conduisent à une sidération psychique qui empêche toute verbalisation immédiate du traumatisme. La répétition et l’intensification des scènes de violence épuisent les ressources psychiques de l’adolescente, jusqu’à l’installation d’un état traumatique durable, dont la douleur persiste même après la révélation des faits.

Audrey notre 3e cas de l’étude, la petite orpheline des deux parents, dit avoir subi les comportements sexuels agressants de tout son vécu du harcèlement sexuel que lui inflige un membre de l’administration de son lycée pendant plus de 2ans. D’abord l’intimidation par les propos blessants son intimité, la petite élève de la classe de 5e est régulièrement et violemment interpellée par son professeur, en recevant les injonctions de se rendre à son bureau (à se rapprocher de lui de force). Elle reçoit des menaces et avertissements pour continuer à garder le silence sur tout ce qu’elle subit d’obscène dans le bureau de son agresseur. Souvent à l’aide d’une arme blanche, (le couteau) elle est réduite au silence pendant que son corps à elle subit les attouchements de toutes natures (toujours au bureau de son professeur).

Chez Audrey, les comportements sexuels agressants exercés pendant plus de deux ans par un membre de l’administration scolaire transforment radicalement son rapport à l’école. Les injonctions, les menaces, l’usage d’une arme blanche et les attouchements imposés instaurent un climat de terreur et de silence forcé. Le cadre scolaire devient un espace de violence, favorisant l’installation de conduites dépressives sévères.

Les résultats de l’analyse des données montrent que la jeune Florencia a été victime des comportements sexuels agressants de son agresseur, son camarade qui la soumet décidément aux durs sévices du harcèlement sexuel. En fait, par moment il menace de la frapper, il lui montre qu’elle est vulnérable entre ses mains et qu’il peut bien la nuire comme il le veut. Il se montre sous sa casquette de d’agresseur sexuel (qu’il est) à qui rien ni personne ne résiste (sinon il n’hésitera pas à utiliser la violence pour parvenir à atteindre ses objectifs). C’est alors qu’elle vient à voire sa simple présence (celle du garçon) comme une réelle menace. Et parce qu’il s’y trouve, sa salle de classe devient tout aussi un milieu hostile et insécurisé (un lieu dangereux) pour elle alors même qu’elle doit s’y rendre tous les jours pour mener ses études.

Enfin, le vécu de Florencia montre que la violence agressante, même lorsqu’elle émane d’un pair, peut rendre l’environnement scolaire profondément insécurisant. Les menaces, l’intimidation et la démonstration de pouvoir transforment la simple présence de l’agresseur en une source permanente d’angoisse. La salle de classe, pourtant lieu d’apprentissage, devient un espace hostile, contribuant à l’effondrement psychique de l’adolescente.

Dans l’ensemble, ces résultats confirment que les comportements sexuels contrariants, contraignants et agressants s’articulent dans un processus traumatique global. L’absence d’élaboration psychique suffisante, conjuguée aux rapports de pouvoir et au silence institutionnel, expose les adolescentes à des conduites dépressives durables et à une altération profonde de leur rapport à elles-mêmes, aux autres et à l’institution scolaire.

4. DISCUSSIONS

Le présent article avait pour objectif d’examiner les conséquences psychologiques du harcèlement sexuel chez les adolescentes en milieu scolaire au Cameroun, en mettant un accent particulier sur l’émergence des conduites dépressives et sur les modalités de gestion du traumatisme. Les résultats obtenus confirment que le harcèlement sexuel constitue une problématique majeure de santé mentale chez les adolescentes scolarisées et s’inscrit dans une dynamique traumatique durable, affectant profondément leur fonctionnement psychique, scolaire et social.

Ces résultats rejoignent les données issues de travaux antérieurs menés au Cameroun. L’étude de Mbassa [15], réalisée à Yaoundé, avait déjà mis en évidence une prévalence préoccupante des abus sexuels en milieu scolaire, avec 15,9 % des élèves rapportant un abus sexuel avant l’âge de 16 ans. La surreprésentation des filles parmi les victimes, la fréquence élevée des attouchements sexuels et des viols, ainsi que la proportion non négligeable des agressions survenant dans l’environnement scolaire confirment le caractère structurel du phénomène. Le fait que près de 15 % des abus recensés aient eu lieu en milieu scolaire et qu’une part significative des agresseurs soient des enseignants ou des répétiteurs souligne la dimension institutionnelle de la violence sexuelle et le rôle central des rapports de pouvoir dans sa perpétuation.

Ces constats s’inscrivent dans une littérature internationale abondante montrant que le harcèlement sexuel en milieu scolaire est associé à une détérioration significative de la santé mentale des adolescentes. Des études menées en Amérique du Nord et en Europe indiquent que les adolescentes exposées à des violences sexuelles présentent des taux élevés de dépression, d’anxiété, de troubles de stress post-traumatique et de désengagement scolaire [16], [17], [18]. Van der Kolk [19] souligne que le traumatisme sexuel, en particulier lorsqu’il est répétitif et s’inscrit dans une relation d’emprise, altère durablement les capacités d’autorégulation émotionnelle et de symbolisation, favorisant l’installation de conduites dépressives chroniques.

Dans le contexte camerounais, ces effets psychologiques sont renforcés par des déterminants socioculturels spécifiques. Les travaux de Pondi [20], montrent que le harcèlement sexuel est largement banalisé dans les universités camerounaises, où la réussite académique des jeunes filles est fréquemment soupçonnée d’être liée à des compromis sexuels. Cette suspicion sociale contribue à une double victimisation des adolescentes, à la fois victimes de violence sexuelle et de stigmatisation morale. Le cas rapporté d’Edwige A., contrainte de quitter le pays pour poursuivre ses études, illustre la manière dont le harcèlement sexuel peut compromettre durablement les trajectoires scolaires et professionnelles des jeunes filles.

Les résultats de Mbouemboue et Onana [21], confirment que le harcèlement sexuel repose sur des rapports de pouvoir asymétriques, qu’ils soient fondés sur le genre, le statut académique ou la position hiérarchique. Cette dimension est largement documentée dans la littérature internationale, qui souligne que la violence sexuelle est avant tout un instrument de domination sociale et symbolique [22]. Dans les contextes scolaires africains, ces rapports de pouvoir sont souvent renforcés par des normes culturelles valorisant l’autorité masculine, le respect inconditionnel de l’enseignant et le silence des jeunes filles face aux atteintes sexuelles.

Nos résultats montrent que les adolescentes victimes de harcèlement sexuel présentent des manifestations dépressives marquées, traduites par un désinvestissement scolaire, une baisse des performances académiques, un retrait social et une souffrance psychique persistante. Ces observations rejoignent les travaux de Brière et Scott [23], qui mettent en évidence le lien étroit entre traumatisme sexuel et dépression à l’adolescence. Elles confirment également les modèles développementaux du traumatisme, selon lesquels l’exposition précoce à des violences sexuelles perturbe les processus identitaires et fragilise l’estime de soi [24].

Il convient toutefois de souligner que l’adolescente scolarisée est déjà confrontée à de multiples sources de pression, notamment les transformations biologiques, les attentes scolaires et les exigences sociales liées au genre. Le harcèlement sexuel vient ainsi s’ajouter à un terrain de vulnérabilité préexistante, amplifiant les risques de décompensation psychique. [25]. Les résultats de notre étude montrent que certaines adolescentes décrochent du système scolaire ou présentent des performances médiocres non pas en raison d’un manque de capacités, mais du poids psychologique du harcèlement subi. Ces constats devraient interpeller les parents, les autorités éducatives et administratives, afin qu’ils adoptent une lecture plus contextualisée des difficultés scolaires des jeunes filles.

Notre étude apporte une contribution originale en mettant en évidence les limites des modèles théoriques centrés sur la résilience individuelle. Si certains auteurs, tels qu’Arnaud [26], et Cyrulnik [27], postulent que l’individu traumatisé peut mobiliser des ressources internes pour se reconstruire, nos résultats ne corroborent pas cette perspective dans les cas étudiés. Les quatre adolescentes de notre recherche, malgré l’appartenance à des milieux supposés protecteurs ou porteurs de ressources, ont développé des conduites dépressives persistantes et n’ont pas pu surmonter leur traumatisme. Ces résultats rejoignent les critiques formulées par certains auteurs contemporains, qui soulignent que la résilience ne peut être pensée indépendamment du contexte social, institutionnel et culturel dans lequel évolue le sujet [28].

En outre, le vécu traumatique des adolescentes est influencé par des facteurs additionnels, tels que la structure familiale. Nos quatre participantes proviennent de familles dysfonctionnelles : trois sont issues de familles monoparentales et une est placée en famille d’accueil en raison d’un double orphelinat. La littérature internationale montre que l’absence de soutien familial constitue un facteur de risque majeur dans l’évolution psychopathologique des victimes de violences sexuelles. Ces variables parasitaires, tout aussi traumatogènes, doivent être prises en compte dans l’analyse des conduites dépressives.

Enfin, les résultats de cette étude soulignent l’importance des marqueurs ethnoculturels dans la perception et l’élaboration du traumatisme sexuel. Les normes culturelles relatives à la sexualité, à la pudeur, à la place de la jeune fille et à l’autorité façonnent la manière dont le harcèlement sexuel est vécu, interprété et verbalisé. Dans le contexte camerounais, le silence imposé autour de la sexualité et la tolérance implicite de certaines pratiques contribuent à minimiser la portée traumatogène du harcèlement sexuel. Ainsi, les conséquences psychologiques observées ne peuvent être comprises qu’à la lumière des déterminants communautaires et culturels qui structurent le vécu subjectif des adolescentes.

En somme, cette étude met en évidence que le harcèlement sexuel en milieu scolaire constitue un traumatisme majeur dont les effets psychologiques sont profondément ancrés dans des dynamiques individuelles, institutionnelles et socioculturelles. Elle plaide pour une approche intégrative de la prise en charge, combinant interventions cliniques, réformes éducatives et transformations des représentations sociales, afin d’assainir durablement le cadre scolaire et de protéger la santé mentale des adolescentes.

5. CONCLUSION

Au terme de cette étude, qui portait sur les traumatismes sexuels et conduites dépressives chez les adolescentes victimes du harcèlement sexuel en milieu scolaire. L’objectif de notre étude était de de montrer comment les traumatismes sexuels entrainent les conduites dépressives chez les adolescentes victimes de harcèlement sexuel en milieu scolaire. Cette recherche nous a permis de cerner la problématique des troubles liées aux traumatismes ayant des conséquences graves sur les victimes d’agressions sexuelles. Il convient de préciser que le traumatisme sexuel représente un problème social grave qui touche principalement les femmes et les enfants. De nombreuses recherches ont permis d'établir les conséquences associées aux traumatismes sexuels chez les adolescentes, dont des symptômes de stress post-traumatique ainsi que des symptômes dépressifs et anxieux [29]. Certains enfants peuvent également exprimer davantage de problèmes de comportement extériorisés, comme de la colère, de l'agressivité et des comportements sexualisés problématiques [30], [31]. Les études indiquent par ailleurs que le traumatisme sexuel est associé à plusieurs difficultés à long terme chez les adultes, comme la dépression, l'anxiété, les tentatives de suicide, l’abus d'alcool et de drogues ainsi qu'un risque de revictimisation.

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